MOVIE
Sofiane Pamart, CD
Vendu par E.Leclerc
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Sofiane Pamart, Vinyles
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— Tout le monde l'attendait et le voici : votre 4ième album, intitulé MOVIE. C'est à Los Angeles où vous vivez maintenant que vous avez puisé votre inspiration ?
Los Angeles m'a donné de l'espace. Physiquement et mentalement. Je composais chaque matin depuis les collines où j’habite, face à la ville, au lever du soleil. Pendant deux ans. La lumière californienne a quelque chose de cinématographique, elle donne une couleur à tout ce qu'on vit. Cette couleur est entrée dans la musique naturellement.
— 20 tout nouveaux titres avec la participation des 70 musiciens de l'Orchestre Philharmonique de Prague et de 24 choristes, on parle de votre projet le plus ambitieux, « celui qui va conquérir le monde », vous, vous le définiriez comment ?
C'est le film de ma vie. Vingt scènes, soixante-trois minutes, un seul voyage. Pour la première fois, j'ai composé au-delà du piano seul. Un orchestre, un chœur, de nouvelles textures. J'ai mis deux ans à trouver l'équilibre entre ce que j'étais et ce que je voulais devenir. C'est l'album où tout converge : mes rêves d'enfant, ma compréhension d'adulte, et la certitude que la musique peut raconter ce que les mots ne savent pas dire.
— La pochette de MOVIE est une photo de vous enfant prise par votre père, c'est une autre façon d'exprimer le côté nostalgique souvent présent dans votre musique ?
Mon père a photographié notre famille toute sa vie. En argentique, sans revendication, par amour. En grandissant, j'ai compris la valeur de ce qu'il avait accumulé. Cette photo d'enfance, c'est un enfant qui rêve sans limites. Aujourd'hui cet enfant se produit au Stade de France. Je trouvais beau que ce soit le regard de mon père qui raconte ça sur la couverture.
— Ce qui vous caractérise, c'est votre approche radicalement novatrice, cette façon personnelle de faire éclater les frontières entre les genres musicaux, de fusionner le piano classique avec le rap, les musiques urbaines et électroniques. Qu'est-ce que vous écoutez comme musique ?
De tout. Ce qui m'intéresse c'est l'émotion, pas le genre. En ce moment j'écoute beaucoup Ana Belén, Elis Regina, Feiruz, Melody Gardot, Brel. Des artistes qui chantent dans des langues différentes et qui touchent chacun quelque chose d'unique. Un morceau en arabe peut me bouleverser autant qu'un morceau en portugais. La musique que j'écoute nourrit la musique que j'écris. Je n'ai jamais pensé en termes de frontières. Le piano est un instrument universel. Il accueille tout.
— Démocratiser le piano, l'instrument-roi qui exige une grande rigueur et qui est très codifié, c'est votre volonté, votre vision artistique, et c'est aussi l'affirmation d'un esprit en quête de liberté ?
Je suis tombé amoureux du piano enfant. C'est un instrument élégant, de prestige, qui s'adresse à tous et mérite d'être entendu partout. La rigueur et les codes existent, je les respecte. J'aime la discipline qu'il impose autant que la liberté qu'il offre. Mais je refuse que le piano reste enfermé dans une seule image. Que quelqu'un qui n'a jamais mis les pieds dans une salle de concert ressente la même émotion que celui qui y va depuis trente ans. Le rendre accessible sans le dénaturer.
— Après l'Accor Arena Bercy, la cérémonie d'ouverture des JO de Paris, le château de Chantilly et l'Opéra Garnier, vous préparez un concert historique au Stade de France en 2027 où vous serez le premier pianiste à vous produire. Pour vous c'est une consécration, ou un (beau) tremplin vers encore d'autres défis et expériences hors-normes ?
Les deux. C'est l'accomplissement d'un rêve que j'ai eu très jeune. Un pianiste au Stade de France, j'y pense depuis longtemps. Ce concert est un aboutissement et en même temps je sais qu'il ouvrira autre chose. Chaque étape de ma carrière a préparé la suivante sans que je le sache sur le moment.
Je prépare un grand show, c’est un moment unique, historique !
— Quelle étape préférez-vous : la composition, l'enregistrement en studio ou jouer sur scène en public ?
Le moment où un morceau prend vie. Quand un thème que j'ai en tête depuis des jours trouve enfin sa forme sous mes doigts. Le studio donne une dimension définitive à ce que j'ai imaginé. La scène transforme tout en énergie vivante. Mais ce premier souffle, cet instant où la musique existe pour la première fois, c'est ce que je préfère.
— Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres, collaboration avec (entre autres) Charles Leclerc le champion de F1, vos nombreux disques d'or, vos incroyables concerts sold-out, votre popularité, votre surnom de Piano King : qu'est-ce qui vous rend le plus fier ?
Les gens qui viennent me voir après un concert et qui me disent que ma musique les a aidés à traverser quelque chose. Un deuil, une rupture, un moment difficile. Une déclaration d'amour, un accouchement, un voyage à l'intérieur. Ce qui me rend fier, c'est de savoir que quelqu'un, quelque part, a mis un de mes morceaux dans un moment important de sa vie. C'est pour cela que je compose.