Date de parution
06/10/2023
Editeur
Conférence
Religion et spiritualités
Judaïsme
L’ouvrage expose la thèse selon laquelle « le peuple juif est perçu comme féminin » Cette féminité est établie dans son rapport aux nations (chap. I), à Dieu (chap. II) ; après avoir analysé les métaphores concurrentes (chap. III), l’auteur en vient à l’examen méthodique des principaux textes de la tradition juive, le Pentateuque (chap. IV), les Prophètes (chap. V), les Hagiographes (en fait le Cantique des Cantiques, chap. VI) et la Kabbale (chap. VII). Au-delà des thèses précises et fermes (par ex., sur le Pentateuque, « aucun des versets étudiés ne dit explicitement que [Dieu] est notre époux », p. 103), on insistera sur plusieurs points – de forme d’abord. 1) Le trajet méditatif. L’ouvrage se donne comme une méditation continue, un cheminement que le lecteur doit faire avec l’auteur. En cela, il s’agit moins d’un traité, qui proposerait des thèses et des concepts déjà disponibles et préalablement conquis, que d’un parcours réflexif en quête de ses propres conclusions, souvent provisoires, toujours justifiées. 2) Le mode de ce parcours est l’étude exégétique, et particulièrement l’exégèse talmudique. D’abord parce qu’il déploie commentaire, questionnement, rapprochement de textes de la tradition juive (talmud, midrash, etc.), éventuellement apories ; ensuite, parce qu’il convoque nombre de connaissances amies, dont on comprend qu’elles ont constitué le cercle d’étude où plusieurs des enseignements rapportés ici ont été élaborées ; l’auteur les cite textuellement, obéissant sans doute à l’adage talmudique selon lequel « quiconque rapporte un enseignement au nom de son auteur hâte la venue du Messie ». La présence de ces noms propres, si elle étonne d’abord, crée progressivement une atmosphère de chaleureuse et amicale confiance envers l’auteur. Au surplus, les références convoquées, caractérisées par leur diversité (D. Horvilleur, J. Darmon, M.-A. Ouaknine, etc.), le sont sans aucun parti pris idéologique ni religieux : sera ici mentionné tout propos qui pourra donner à penser. Voilà pour la forme. Sur le fond, on soulignera : 3) Le brouillage des catégories de féminin et masculin réfractaire à toute simplification. Il ne s’agit ni d’hypostasier des catégories anthropologiques – analogiquement repérées en Dieu – ni, à l’inverse, de se défaire de catégories et de concepts qui demeurent précieux pour penser les rapports entre passivité et activité. L’ouvrage permet donc une sortie intelligente et suggestive hors des schèmes éculés au moyen desquels sont parfois pensés les rapports de genre. 4) Sur le plan proprement philosophique, c’est avec l’ontologie – donc avec Aristote et Heidegger, de façon implicite – que ce projet se mesure, et dès les pages d’ouverture où Dieu s’entend comme l’être de l’étant, et où le féminin et le masculin sont pensés en termes ontologiques : « L’être comme masculin, l’étant comme féminin ». Il établit également passim une théorie de la métaphore (rapport nimshal/mashal), qui peut être lue comme l’esquisse d’une théorie juive de l’analogia entis. Enfin, il fait sienne une conception cartésienne de l’amour. L’auteur, citant E. Bonamy, affirme qu’on ne trouvera ici nulle phénoménologie et encore moins de phénoménologie lévinassienne. Mais on peut penser que les rapports entre activité et passivité exigent une phénoménologie, cette dernière fût-elle non lévinassienne (contrairement à la thèse lévinassienne d’une « passivité plus passive que toute passivité » ; l’accueil exige ici l’activité de recevoir) ; qu’il faille totalement se défaire de Levinas n’est pas sûr, s’il est vrai que chez ce dernier aussi, et Derrida le lui a suffisamment reproché, la femme elle-même incarne la figure de l’accueil. La modestie apparente de cet ouvrage, où affleure une éthique du discours et de l’étude, ne doit pas empêcher qu’on y voie un projet spéculatif subtil, renseigné et parfaitement bienvenu : il est toujours heureux que les théologiens et les penseurs qui inscrivent leur travail dans « l’horizon du religieux » se saisissent des questions que leur pose le siècle – question du sexe, du genre et de l’amour. Ainsi contribuent-ils à un échange intellectuellement fécond et politiquement pacificateur entre les idiomes du monde et ceux des textes sacrés.
| Auteur(s) | Marc Israel |
|---|---|
| Catégorie produits | religion_et_spiritualite |
| Dimensions (cm) | 17 x 23 x 1.2 |
| Rayon | Livre|Arts, Culture & Société|Religion et spiritualités|Judaïsme |
| Format | Broché |
| Date de parution | 06/10/2023 |
| Nombre de pages | 187 |
| Collection | Teamim |
| Editeur | Conférence |
| Poids du produit | 304 g |
| Titre de l'œuvre | Féminité d'Israël |
| Religion et spiritualités | Judaïsme |
| Libellé | Féminité d'Israël (Broché) |
| ISBN | 979-10-97497-55-2 |
| EAN | 9791097497552 |
| Thème CLIL | Judaïsme |
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