Julien Doré - Interview

« Ça me rend heureux de voir les gens s’approprier mes chansons »

Aimée, votre 5e album, est officiellement double disque de platine, ça doit vous faire plaisir ?

Oui, c’est génial ! « Aimée » en est déjà à 250 000 ventes, on avance doucement vers le triple disque de platine (300 000 exemplaires). J’ai décidé de le sortir en septembre 2020, parce que j’avais envie qu’il existe, et que mes chansons vivent, même sans pouvoir en faire un lancement « classique ».

En quoi est-il différent des précédents ?

Sur « Love » ou « & » les paroles sont assez chargées, plus mystérieuses, vaporeuses, et la production est au contraire assez épurée. « Aimée », c’est presque l’inverse : les textes sont plus « cash » et plus directs, la production plus pop.

Vous expliquez souvent que vos chansons continuent à évoluer, des mois après leur enregistrement…

Effectivement, parce que je trouve mes chansons lorsque je compose et j’écris, et je les pose sur le disque comme je les imagine sonner à ce moment-là. Elles sont déjà différentes lorsqu’on les joue en configuration live : les titres d’Aimée que nous avons interprétés lors de L’Invit’Live organisée par les Espaces Culturels E.Leclerc sonnent déjà d’une autre manière. Et c’est encore autre chose après une tournée, parce que le public se les est appropriées. C’est seulement là que les chansons prennent leur forme définitive.

La tournée, ce sera normalement à l’automne prochain, mais vous avez quand même réussi à créer cet échange avec votre public ?

La chanson « Nous », par exemple, j’ai l’impression qu’elle est déjà adoptée ! Un jeune femme, Silda, en a fait une reprise magnifique avec des arrangements géniaux au kalimba (un petit instrument à lamelles). Et du coup on en a fait un duo !

C’est un peu votre public qui vous renvoie la balle, puisque vous vous êtes aussi fait une spécialité de ces reprises qui revisitent complètement l’original !

Pendant longtemps en réalité j’ai été un peu bloqué par les chansons que j’aimais tant (signées Bashung, Cabrel, Elvis, Sinatra…) : comment oser s’approprier des monuments comme ça ? A l’époque de la Nouvelle Star, j’ai repris plutôt des tubes pas encore « sacrés » de Sabine Paturel ou Alizée, en essayant de les emmener ailleurs. J’aime bien cette idée de désacraliser ces chansons, et je trouve ça fabuleux qu’on fasse de même avec les miennes !

L’autre manière que vous avez de garder le lien avec les fans, c’est par une intense production de clips, de vidéos, de rendez-vous…

C’est quelque chose qui me vient de mes études aux Beaux-Arts : la chanson, le clip, le graphisme de la pochette, le spectacle live… ce sont plusieurs facettes qui s’imbriquent et créent un univers. Et dès l’écriture de la chanson, j’ai des images et des idées qui me viennent et que je note, ça n’est pas quelque chose de séparé. Après, je ne veux surtout pas qu’un clip soit une illustration littérale de ce que raconte le texte de la chanson, surtout pas ! J’essaie d’en faire un contrepoint, et de ne pas imposer au public mon interprétation. Parce que ce qui me rend heureux, c’est de voir que les gens s’approprient ma musique.

Julien Doré - Aimée

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