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Christophe : du chanteur yéyé à l’icône branchée

A l’occasion du premier anniversaire de la mort de Christophe, retour sur la vie et l’œuvre du chanteur yéyé devenu icône branchée grâce à la sortie de ses mémoires.

Le 16 avril 2020 disparaissait Christophe, chanteur mythique de l’indémodable « Aline », l’un de ces artistes qui avait réussi le tour de force d’être à la fois un chanteur populaire, un expérimentateur musical et désormais, une référence incontournable pour toute la nouvelle scène française. De ses débuts yéyés à ses derniers albums plus intimistes, retour sur l’œuvre et le parcours de ce chanteur inclassable à l’occasion de la sortie de ses mémoires.

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CHRISTOPHE, Vinyles

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CHRISTOPHE, Vinyles

Chanteur yéyé - icône branchée : l’étonnant itinéraire musical de Christophe

De l’inoubliable « Aline » à l’ultra moderne « Tu te moques », Christophe aura promené, pendant presque 50 ans, sa voix cristalline sur des titres confidentiels comme sur des tubes qui occuperont le sommet des Hit-Parades. Tour d’horizon.


Un enfant du rock à l’époque des yéyés

Le parcours de Daniel Bevilacqua, très vite renommé Christophe, démarre au début des années 60. Alors que les sons yéyés font rage, ce fils d’immigré italien bercé de Piaf, de blues américain et de la légende d’Elvis, se fera connaître en 1965 avec un tube qui s’écoulera à plus d’1 million d’exemplaires : « Aline ». A ce slow de l’été qui restera gravé dans les mémoires, succèderont les « Marionnettes » en 1966 et « Excusez-moi Monsieur le Professeur » en 1967. Autant de tubes qui feront de Christophe une véritable vedette. Mais dans le paysage des sixties, sa voix haut-perchée et cristalline en font une figure singulière, un amoureux aux mélodies graciles qui se distingue des autres « chanteurs pour midinettes » par sa mélancolie et sa sensibilité.

La collaboration avec J.M Jarre : l’ère de la consécration

C’est en 1972, lorsque son producteur François Dreyfus lui adjoint les services d’un compositeur encore méconnu, Jean-Michel Jarre, que Christophe connaît ses premiers succès d’estime. Premier opus de cette collaboration, Les Paradis Perdus aux accents plus franchement rock obtiennent les faveurs de la critique. Mais ce sont surtout Les Mots Bleus, second album de la collaboration paru en 1974, qui vaudra au chanteur la consécration. Porté par des sons plus modernes, presque électro, le titre phare qui donnera son nom à l’album continue de traverser les âges sans prendre une ride grâce à son efficacité mélodique et sa force émotionnelle.

Le retour de Christophe : albums intimes et expérimentaux

Malgré l’accueil dithyrambique réservé à l’album Le Beau bizarre, paru en 1978, et considéré comme l’un des meilleurs albums rock de la décennie, Christophe entre alors dans une période plus confidentielle et se retire peu à peu du devant de la scène. Passionné de musique électronique et collectionneur gourmand de synthétiseurs et autres instruments avant-gardistes, ce n’est qu’en 1996 qu’il reviendra, riche de nouvelles explorations sonores. De Bevilacqua aux Vestiges du Chaos, en passant par Comm’ si la Terre penchait, Christophe entame la seconde partie de sa carrière en enchaînant des albums aux sons plus rocks et électro. Succès critiques et faveur du public, ses albums sont ciselés avec une exigence rare. Véritable icône de la scène française, il enchaîne alors les collaborations et duos tous azimuts : Erik Truffaz, Alan Vega, Christine and the Queens, Etienne Daho, Jeanne Added et même Isabelle Adjani. Chose rare, Christophe connaîtra, dans la fin de sa carrière, le « Succès fou » qu’il avait chanté 30 ans plus tôt.

Vivre la nuit, rêver le jour : parcours d’un noctambule passionné

Malgré le succès critique réservé à son œuvre, on retient bien souvent de Christophe davantage son look que ses mélodies. C’est que, flanqué derrière ses moustaches, ses cheveux longs et ses lunettes teintées, l’amateur de James Dean a su construire un mythe et un personnage fascinant.


Le rêve américain

Comme toute la génération des sixties, Christophe est très tôt marqué par l’American Way of Life. Passion pour le rock et le blues américain, fascination pour Elvis Presley et goût prononcé pour les grosses cylindrées : la nouvelle idole des jeunes pense, un temps, arrêter sa carrière de chanteur pour celle de pilote automobile. Mais il sera arrêté dans sa course folle par une condamnation à de la prison avec sursis et une suspension de permis. Le bad boy troque alors sa tenue de James Dean contre sa moustache de dandy et ses cheveux longs. Christophe construit sa propre mythologie.

Un passionné, dandy et cinéphile

En véritable mélomane, Christophe n’hésite pas à s’éclipser du champ médiatique pour s’adonner à de multiples passions évoquées au détour de titres plus intimes. Collectionneur de bolides, il l’est aussi d’autres objets emblématiques comme des synthétiseurs vintage, des juke-box mais aussi des bobines de films. Car le chanteur est un cinéphile averti dont la culture cinématographique nourrira l’œuvre musicale et un certain don pour la mise en scène de soi. Mais la grande passion de cet avant-gardiste demeurera surtout l’expérimentation sonore. Très tôt, le mélange des nappes analogiques, digitales et des cordes sera son empreinte musicale.

La nuit comme territoire

Avec ses textes séducteurs et sa voix haut-perchée, sa moustache gauloise et son look androgyne, Christophe s’amuse à cultiver le « Beau bizarre », un concept baudelairien qu’il mettra en musique en 1978 et que sa vie de noctambule contribuera à entretenir. Sorties, compositions, interview, inspiration : l’essentiel de son activité prend place après la tombée du jour et construit un certain mystère autour du personnage. De quoi donner envie d’en savoir plus à la lecture de ses mémoires si bien intitulées : Vivre la nuit, rêver le jour. Un livre que le chanteur aura sans cesse peaufiné, retravaillé, repoussé, et qui ne paraît donc qu’à titre posthume.

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