Retour

Home Actualités E.Leclerc Actualités Culturelles 30 ans après sa mort : Gainsbourg, toujours « in »

30 ans après sa mort : Gainsbourg, toujours « in »

Hommage

30 ans après sa mort : Gainsbourg, toujours « in »

À l’occasion du 30ème anniversaire de Serge Gainsbourg, retour sur le parcours et l’œuvre d’un auteur-compositeur provocateur et transgressif mais au génie intemporel.

Le 2 mars 2021 marquera les 30 ans de la mort du plus dandy des chanteurs français : Serge Gainsbourg. En trois décennies, l’influence et la notoriété du génie provocateur n’ont pas pris une ride, et l’on ne compte plus le nombre d’artistes (français comme anglo-saxons), qui s’amusent à revisiter son œuvre et lui rendre hommage.

Alors … « Qui est in …» ? Serge Gainsbourg assurément, dont les mélodies iconiques et les textes ciselés sont d’ores et déjà passés à la postérité. 30 ans plus tard : retour sur la carrière du plus poétique des auteurs-compositeurs français qui consuma la vie au même rythme que ses paquets de Gitanes.

Du jazz au reggae : un répertoire éclectique et inspiré

La célébration des 30 ans de la mort de Serge Gainsbourg s’accompagne d’une avalanche d’ouvrages et intégrales qui nous donnent l’occasion de revenir sur le parcours de ce touche-à-tout de génie qu’aucune limite musicale n’a jamais arrêté. Un retour qui peut se faire avec l’excellent best of Comme un boomerang, ou période par période…

 

Les débuts rive gauche : la période bleue de Gainsbourg

L’histoire commence en 1957, à Paris, lorsque Lucien Ginsburg, peintre contrarié, se fait crooner de piano-bar pour gagner sa vie. Il fréquente alors tout le milieu culturel de la rive gauche parisienne, rencontre Boris Vian qui comme lui interprète des titres provocateurs, drôles et cyniques. Lucien devient alors Serge Gainsbourg et c’est Le Poinçonneur des Lilas, en 1958, puis L’eau à la Bouche, en 1960 qui lui vaudront ses premiers grands succès d’estime et commerciaux. Fruits de sa collaboration avec l’arrangeur Alain Goraguer, ses premiers albums, Du Chant à la Lune, Serge Gainsbourg n°2 ou L’étonnant Serge Gainsbourg, sont des albums qui marient déjà les sons jazz à des rythmes latins. Il fallait bien cette Intégrale des 20 CD chez Mercury pour servir d’écrin au répertoire pluriel du musicien de génie. Regroupant toute la discographie studio, elle s’accompagne aussi d’une sélection de chansons et de musiques de film ainsi que de perles en provenance des archives INA et EUROPE 1.

 

Yéyé, Pop et Rock : Gainsbourg joue les fans des sixties

Dans les années 60, avide de plus de succès et de reconnaissance, Gainsbourg passe d’une variété – jazz de facture assez classique à un répertoire plus pop, surfant sur la déferlante des yéyés. Initials BB, sorti en 1968, en sera l’incarnation la plus flamboyante.

Mais, dès 1964, Gainsbourg frappe fort avec Gainsbourg Percussions aujourd’hui considéré comme le premier album World de la Chanson Française. Avec son immense talent, celui qui ne tardera pas à devenir un véritable dandy destroy, a le don de capter l’air du temps et ne cesse de se réinventer allant jusqu’à plaquer des rythmes latins et africains dans des structures pop et jazz.

L’intégrale Serge Gainsbourg - L'album de sa vie qui regroupe 5 CD parmi lesquels ses 100 plus grandes chansons nous permet d’apprécier la manière dont le compositeur, armé d’une solide culture musicale, a su s’approprier l’ensemble des genres musicaux, du jazz au funk, en passant par la Pop, le Rock ou le Reggae.

 

Du rock progressif au Reggae : quand Gainsbourg laisse la place à Gainsbarre

A partir des années 70 et à mesure qu’il devient de plus en plus provocateur, les compositions de Gainsbourg poursuivront leurs explorations musicales en passant du Rock de Rock Around The Bunker au Reggae du très polémique Aux armes et caetera. Ce sont Love on the Beat, en 1984 puis You’re under Arrest, en 1987, qui mettront un terme éclatant à la carrière inégalée de Serge Gainsbourg avec des titres cultes comme « Sorry Angel » ou « Lemon Incest ».

Un amoureux des femmes, des mots et de culture classique

Complexé par son physique, Serge Gainsbourg n’en fut pas moins un pygmalion pour des égéries qui ont su magnifier le génie poétique de l’Homme à Tête de Chou.


Un Pygmalion amoureux

France Gall, Petula Clark, Juliette Greco, Brigitte Bardot, Françoise Hardy, Jane Birkin, Isabelle Adjani … : ce n’est un secret pour personne que la vie héroïque de Serge Gainsbourg a été traversée par de nombreuses égéries féminines qui furent aussi ses muses. L’interprétation de « La Javanaise » par Juliette Greco en 1963 fait la démonstration du génie poétique de son auteur. Ses compositions pour France Gall et notamment « Les Sucettes », en 1966, lui valent ses premiers grands succès et inscrivent son goût pour les jeux de mots sulfureux dans la mémoire collective.

Mais c’est surtout le superbe Initials BB inspiré par sa fulgurante aventure amoureuse avec Brigitte Bardot qui fera la preuve de la relation étroite chez Gainsbourg entre inspiration créatrice et sentiment amoureux : d’ « Initials BB » à « Comic Strip », en passant par « Ford Mustang » ou « Bonnie and Clyde » ,le huitième album du pygmalion amoureux est une succession de hits dont les textes deviennent de plus en plus sexuels et sulfureux.

C’est évidemment, enfin, le couple mythique Birkin – Gainsbourg qui enfantera les titres les plus poétiques de ce répertoire légendaire à l’instar de « Je T’aime, … Moi Non Plus », « Baby Alone in Babylone » ou « Je suis venu te dire que je m’en vais ».


Gainsbourg : poète et compositeur de génie

Le génie créateur de Gainsbourg ne connaît aucune limite. Si son désir de devenir peintre demeurera toujours contrarié, il parviendra à faire de ce qu’il appelait lui-même un « art mineur », des bijoux poétiques. L’édition des manuscrits de Serge Gainsbourg par Laurent Balandras nous en offre un somptueux exemple.

Manuscrits de chansons, brouillons, documents, mais aussi dessins et scénarios livrés en fac-similés, ces trésors maculés d’encre noire donnent à voir la manière dont il travaillait, parfois jusqu’à l’obsession, la forme poétique de ses textes dans lesquels on retrouve l’influence d’auteurs comme Verlaine ou Nerval. Rimes sophistiquées, jeux sur les mots et les sonorités, la musique populaire se transforme chez Gainsbourg en chef d’œuvre qui emprunte certaines phrases au répertoire classique.

Ce goût de l’écriture et de la création littéraire prendre sa forme la plus exemplaire avec ses deux albums concepts aujourd’hui devenus cultes : L’histoire de Melody Nelson et L’Homme à tête de chou, véritables narrations mises en musique dans un style rock et baroque.


Une influence et un héritage intemporels

Si Jane Birkin, Charlotte et Lulu continuent à faire vivre l’héritage, les 30 dernières années n’ont fait qu’accroître la renommée de Gainsbourg auprès d’un public averti et entretenir la légende de l’une des figures les plus marquantes de la musique française.


Une icône qui fait toujours référence

Beck, Mick Harvey, Franz Ferdinand, Portishead, Placebo, Gonzales, Feist, Tricky : ils sont nombreux les artistes à se réclamer de l’influence du Grand Serge. Mais son ombre continue aussi de planer sur la chanson française, notamment du côté de Air, Benjamin Biolay, Etienne Daho ou Taxi Girl.

Force mélodique et symphonique, textes ciselés, goût du cosmopolitisme : c’est tout un et on aurait tort de voir en Serge Gainsbourg une simple référence à la mode. L’icône sulfureuse et provocatrice était aussi un inventeur de génie dont la modernité continue d’inspirer de nombreux artistes de talent.


Un héritage qui dépasse le champ de la musique

En 2010, le célèbre auteur de BD Joann Sfar consacrera un biopic au compositeur : Gainsbourg, Vie Héroïque. Son film, en forme de fantaisie loufoque, assez proche de la BD finalement, s’attache moins au souci du réalisme qu’à la peinture d’un homme touchant et au génie transgressif. Une autre manière de voir Gainsbourg.

Le 3 février sortira l’ouvrage de Mathieu Sapin : Gainsbourg, Journal d’un tournage. Reportage dessiné dans les coulisses du film de Joann Sfar, Mathieu Sapin nous donne à voir les dessous de la réalisation du film-évènement. Gainsbourg n’en finira décidément jamais d’inspirer !

Arrow scroll to top